Jour de repos : Une pause bien méritée
Aujourd’hui, pas de vélo au programme – une pause bien méritée pour mon pauvre postérieur, qui a développé ces derniers temps une relation bien trop intime avec la selle ! Je flâne dans les rues de la ville, et déjà les terrasses des cafés débordent de monde. Les Australiens, visiblement, sont des lève-tôt le week-end, pressés de savourer leur petit-déjeuner au soleil.
Je me plonge à mon tour dans la culture locale du petit-déjeuner : œufs, bacon et pain au levain. Et bon sang, quel délice ! Ça a littéralement le goût d’un festin royal quand le corps, affamé par des centaines de kilomètres à vélo, réclame sa dose de calories.
Fait amusant : Les Australiens consomment plus de 6 milliards d’œufs par an – c’est environ 245 œufs par personne par an ! Pas étonnant que leur culture du petit-déjeuner soit si forte.

Je découvre que plusieurs magasins sont ouverts, notamment une boutique de vélos et un magasin d’électronique. Parfait ! Il me faut un chargeur, alors je file chez Kmart et Target. Et hop ! Un chargeur pour seulement six dollars – une petite victoire, certes, mais ô combien savoureuse quand on voyage léger et qu’on vit au rythme de sa valise.
Dans l’atelier de vélos, je suis accueilli par un type sympa. On part à la recherche d’un pneu en 35 mm – mission presque impossible : aussi rare qu’une averse au beau milieu du désert. À défaut, je repars avec un 32 mm, heureusement assez souple pour être roulé et glissé discrètement dans mes bagages. Il ne me reste plus qu’à laisser mes jambes récupérer, recharger les batteries – les miennes autant que celles du téléphone – et filer au lit tôt pour être prêt pour l’étape de demain.

Donuts, contrôle frontalier et un voyage dans le temps à Renmark !
Debout ! La journée commence, comme il se doit pour tout cycliste qui se respecte, à la station-service. Un donut et un café font office de carburant indispensable avant de répondre à l’appel de la route. Une pluie fine tombe, le vent hurle, mais – divine surprise – la température a chuté : un petit répit bienvenu après les assauts du soleil australien. Cap sur Renmark aujourd’hui, ce qui signifie traverser une frontière d’État… et remonter le temps de 30 minutes grâce à un décalage horaire improbable ! Un vrai voyage temporel sur deux roues.
Le voyage se déroule sans encombre, et le temps s’améliore au cours de la journée et la température remonte. Parfait ! La route serpente devant d’innombrables vignobles – Renmark est apparemment l’un des plus anciens districts viticoles d’Australie, fondé en 1887 par deux ingénieurs canadiens en irrigation, les frères Chaffey. Le paysage est étonnamment vert, soigné et magnifique le long de la Murray River.

À la frontière de l’Australie-Méridionale, une avalanche de panneaux m’ordonne de jeter tous mes fruits, noix et autres vivres. Je dévore mes dernières bananes à la hâte avant d’atteindre le poste de contrôle. L’expérience est pour le moins curieuse : devoir s’arrêter au beau milieu du même pays pour déclarer le contenu de ses sacoches, c’est… dépaysant. Ici, la “libre circulation” façon Union européenne semble n’être qu’un lointain mirage !
Renmark, située à 254 kilomètres au nord-est d’Adélaïde, baigne dans un climat désertique frôlant le semi-aride, avec des étés torrides et secs, et des hivers plutôt frais. Il paraît qu’on y a déjà enregistré un ahurissant 48,6°C ! Heureusement pour moi, c’est une journée relativement “douce”… ce qui n’empêche pas la sueur de couler à flots.

J’arrive à mon motel, et qu’est-ce que je découvre ? McDonald’s, Hungry Jack’s (la version australienne de Burger King), et toute une ribambelle de chaînes de restauration rapide aux odeurs franchement tentantes. Dîner sauvé ! Je jette un œil aux prévisions météo pour demain : ça s’annonce parfait – chaud, certes, mais avec un bon vent arrière ! Je décide de tenter ma chance et réserve un hébergement dans une minuscule ville nommée Spalding, à 240 km d’ici.
Conseil de cycliste : en Australie, McDonald’s propose un hamburger appelé “McOz”, garni de betteraves !
248 km jusqu’à l’église et une aventure nocturne !
Le trajet jusqu’à Spalding se déroule comme sur des roulettes : 1 200 mètres de dénivelé positif selon Strava, et 800 de descente. Mais le plus fou ? Je réussis à avaler 248 km dans la journée, avec une moyenne de 24,7 km/h ! Wow ! Environ 40 kilomètres avant l’arrivée, je fais une pause à Burra pour refaire le plein d’eau, siroter quelques canettes de Pepsi et souffler un peu. Je papote avec la dame derrière le comptoir – une locale charmante qui m’explique qu’ici, vivre sans voiture relève presque de l’exploit. Il y a bien un bus pour les rendez-vous médicaux, mais à part ça, les options de transport sont… disons, plutôt limitées.

Je poursuis ma route à travers un paysage digne d’un film australien : sec, baigné de soleil, et cette terre rouge emblématique à perte de vue. Mis à part quelques mouches particulièrement insistantes qui semblent vouloir me dévorer vivant, le voyage est étonnamment plaisant. Grâce à la vitesse que je maintiens, la chaleur devient presque secondaire – elle glisse sur moi sans vraiment s’imposer.

Mais vient ensuite le vrai défi : trouver l’hébergement. J’apprends finalement que c’est… une église ! Accès autonome avec un code pour les portes. Je ris intérieurement – passer de la selle du vélo au banc d’église, ce n’est pas banal ! Et pourtant, l’endroit est vraiment chouette, confortable, et je passe une excellente nuit.
Spalding, comme je le découvre, est vraiment minuscule – à peine 194 habitants selon le recensement de 2021. Pas étonnant que je n’en aie jamais entendu parler ! Le village se trouve au nord de la Clare Valley, une autre région viticole réputée, et vit principalement de l’agriculture, avec en prime une carrière d’ardoise. L’âge médian y est de 46 ans – on devine qu’il y a ici nettement plus de grands-mères que de petits-enfants.
Escorte de kangourous, crash de Garmin et 460 km jusqu’à Ceduna !
Tôt le matin, je démarre la journée accompagné de quelques kangourous curieux. Ils me suivent sur une bonne distance, comme une sorte d’escorte privée – des gardes du corps bondissants au cœur de la brousse australienne ! L’air est frais, le ciel limpide. L’objectif du jour : Port Augusta… ou Adélaïde ? Je laisse la réflexion m’accompagner au fil des kilomètres, et lorsque vient le moment de trancher, c’est finalement Port Augusta qui l’emporte.

Et cela, mes amis, s’avère être une belle erreur de jugement ! Aucun magasin de vélos en vue, et les enseignes de sport locales n’ont rien de ce qu’il me faut. Les cyclistes du coin haussent les épaules : ici, on commande tout en ligne. Mais moi, je n’ai clairement pas ce luxe ! Juste avant d’arriver à Port Augusta, j’ai d’ailleurs dû utiliser une chambre à air de secours – mes pneus tubeless m’ayant lâché sans prévenir. Je me rabats sur BigW, un magasin qui ressemble un peu à un Biltema version australienne, et j’y déniche un pneu en 28 mm que j’embarque comme roue de secours improvisée.
Je devais initialement passer une nuit de plus, mais après avoir quitté Discovery Parks, une impulsion me pousse à reprendre la route dans l’après-midi. Et là… c’est le coup de folie : je pédale toute la nuit jusqu’à Ceduna – un exploit de 460 km d’une seule traite ! En chemin, je parviens même à grappiller un peu de sommeil dans un parc à Kimba, allongé sur un banc, aux côtés de quelques Aborigènes qui y vivaient. Une nuit pas comme les autres, à ajouter sans hésiter à ma collection d’expériences insolites.

À Port Augusta, j’ai aussi tenté de mettre à jour mon ordinateur Garmin… grave erreur ! L’appareil s’est figé complètement, impossible de le ressusciter. J’économisais en plus la batterie de mon téléphone et de ma montre – alors désolé, les amis : aucune trace GPS de cette épopée nocturne n’existe ! J’ai atteint Ceduna vers 19h, affamé comme un loup, et j’ai commandé à manger sans la moindre hésitation. Puis j’ai pris la décision de me lever tôt le lendemain. L’Australie est vaste, oui… mais pas assez pour décourager un Norvégien têtu lancé sur son vélo – un kilomètre à la fois !

Fait d’aventure : un kangourou peut faire un bond de près de 9 mètres d’un seul coup – l’équivalent de deux voitures garées l’une derrière l’autre ! Mes compagnons de route bondissants étaient donc, il faut le reconnaître, de sacrés athlètes.
Que se passe-t-il ensuite ?
Suivez la prochaine étape de cette incroyable aventure à travers le continent australien. Mes pneus tiendront-ils ? Trouverai-je d’autres lieux d’hébergement uniques ? Et combien de kilomètres de plus ces jambes peuvent-elles parcourir en une journée ?
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